Cieslarczyk, Adolphe

FR, 1916-02-13

Cieslarczyk

Adolphe Cieslarczyk naît le 13 février 1916 à Düsseldorf, en Allemagne, dans la fa-mille de sa mère. Dès 1919, ses parents s'installent en Pologne, à Sroda (proche de Poznan) dont son père est originaire.
En 1923, un revers de fortune oblige la famille à émigrer : ce sera à Pont à Mousson, région que son père connaissait et où il savait trouver du travail. Ils seront naturali-sés en 1932.
Il intègre l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy en 1934 et suit une formation académique sous l’autorité de Victor Prouvé jusqu'en 1937, tout en continuant à travailler de 4h à 12h à l’usine métallurgique de Pont -à - Mousson (devenue St-Gobain PAM) où il est ajusteur-fraiseur. Cette double formation aura une influence déterminante sur sa sculpture et même sa gravure. Au service militaire succèdera la guerre, si bien qu'il devra renoncer au projet de continuer les Beaux-Arts à Paris, projet que ses brillants résultats à Nancy avaient motivé.
En 1941, la guerre amène l'usine de Pont-à-Mousson à se replier sur la Société mi-nière et métallurgique du Périgord, à Fumel, au bord du Lot, entre Agen et Cahors.
Il va s'y installer, y travailler et s'y marier avec Marthon dont il aura deux filles, Fran-çoise et Béatrice. Celle-ci l'accompagnera, jusqu'à sa mort en 2003, dans ce chemin ardu et solitaire de recherche et de création, exigeant un retrait du monde qu'il a choisi et qu'elle a choisi avec lui . Aujourd'hui encore, en 2018, c'est là qu'il vit.


“Cieslarczyk qui fut toujours peintre, sculpteur, graveur. Esprit large voulant tout embrasser: colorer, rainurer le plan ou occuper l'espace.” Bernard Begouin in Peintres et sculpteurs d'Aquitaine, 1994


Le peintre

A la fin des années 40, la peinture de Cieslarczyk, encouragé par le peintre Jacques Villon, évolue progressivement d'une figuration teintée de cubisme vers l'abstraction. Ce qui l'amène à participer annuellement au Salon des Réalités Nouvelles à partir de 1951 et cela pendant près de 50 ans: il y noue des liens d'amitié avec les représentants de la tendance géométrique et construite, tels Herbin et Folmer.
A partir des années 70, Cieslarczyk donnera une nouvelle dimension à son activité de peintre avec des tableaux où il utilise concrètement les sables ferrugineux de son environnement, le grain et la déclinaison subtile de leurs couleurs.


Le sculpteur:

Au milieu des années 60, Cieslarczyk s'est déjà affirmé dans la sculpture depuis une dizaine d'années, comme en témoigne, en 1959, La sculpture de ce siècle de Michel Seuphor.
Dès 1954, Il a exploré le plexiglas en avant-gardiste, “projetant dans un espace architectural des surfaces colorées qui n'ont d'autre support que la parfaite transparence de ce matériau”, scellant ainsi son ralliement à l'esthéthique constructiviste, comme en témoigne son exposition personnelle chez Colette Allendy en 1956.

En 1961, il s'est engagé en tant que sculpteur, dans l'aventure du Groupe Mesure, également dit “Groupe expérimental de recherches plastiques” aux côtés de Leo Breuer, Marcelle Cahn, Carlos Cairoli, Maxime Descombin, Georges Folmer, Jean Gorin, Pierre-Martin Guéret, Aurélie Nemours, Luc Peire, Francis Pellerin, Roger-François Thépot, Gudmundsdottir Eyborg.
Ils participent ensemble à l'unique exposition qui aura lieu en France, en mars 1961, au Musée des Beaux-Arts de Rennes et aux huit expositions qui eurent lieu de 1962 à 1964 en Allemagne où l'abstraction géométrique reçut toujours un meilleur accueil.
Depuis les années 50, il sculptait également le bois, principalement l'iroko et l'acajou, pigmentant plus tard de bleu les veines de ces bois exotiques. Il continuera de sculpter ces bois jusque dans les années 2000.

Un document-video, filmé en 1973 par FR3 Aquitaine, montre le sculpteur dans la période où il travaille le fer et utilise la soudure à l'arc pour la sculpture mais aussi pour la gravure, sur plaque d'acier.
L'originalité, c'est qu'il va commencer par utiliser un matériau de récupération: d'une part, des morceaux de fer usé, poli et parfois évidé par l'eau et le gravier, en fait des pièces usagées d'une entreprise de draguage du Lot, d'autre part, des pièces d'acier, rebuts de l'usine métallurgique où il travaille.
La soudure à l'arc va lui permettre de découper, d'assembler et de travailler des pièces apparemment hétéroclites pour faire surgir des oeuvres poétiques, chargées de réminiscences, évocatrices des mythes qui nourrissent son imaginaire, telles “La petite Samothrace”, “Le trône de Salomon”, “Le Cheval de Troie”. La rudesse des cicatrices que la soudure lui permet de dessiner en motifs de scarification enrichit les surfaces que l'érosion a adoucies.

En ce qui concerne la tôle, la sculpture naît d'une découpe unique de la plaque comme dans Soleil Levant, sans faire d'assemblage, cependant la surface peut être travaillée par les “goutelettes” de la soudure comme dans L'envol, une sculpture qui tourne sur elle-même sous l'effet du vent.
Il faut citer aussi les tôles soudées, comme Rythmo stabile (exposée au Musée Rodin en 1963) ou bien la sculpture du Lycée de Fumel, où la soudure permet d'assembler les pans géométrique d'une sculpture, cette fois en volume.

Dès le milieu des années 80, il va utiliser la poutre métallique, dite IPN, comme matériau de base d'un travail de sculpteur encore différent.La soudure se fera alors plus discrète, l'assemblage reposant souvent sur un système de clavetage ingénieux qui permet de “démonter” la sculpture. Des inclusions de plexiglas, colorées ou non, enrichiront parfois ces sculptures, dont il pigmentera le métal, pour certaines, de bleu ou de rouille.

Le graveur

En 1964, il se remet à la gravure qu'il n'a pas pratiquée depuis les Beaux-Arts (1934-1937) dont Victor Prouvé était le maître exigeant, ouvert et protecteur auquel il voue une profonde admiration.
Il commence par la linogravure encrée en taille-douce et non en surface, s'affranchit de sa formation figurative et introduit immédiatement de la couleur, là où il n'avait appris que le noir et blanc.
A la fin des années 60, en parallèle avec son travail de sculpteur, la soudure à l'arc va faire irruption dans la gravure, et faire le trait sur la plaque d'acier (qui remplace le lino définitivement), un trait qui s'égrenne avec légèreté ou bien devient plus dense, plus enchevêtré, portant la couleur, très vive, dans toute sa densité.
Plus tard, et jusqu'à la fin des années 80, l'artiste mêlera quelques effets de soudure à l'arc au procédé de l'eau-forte, créant ainsi une technique mixte de gravure.


EXPOSITIONS

De 1951 à 2001 : Salon des Réalités Nouvelles, Paris
1956: Galerie Colette Allendy, Paris
1958: Galerie Colette Allendy, Paris
1958: Galerie Denise René, Paris
1962: Musée de Rennes : exposition du Groupe Mesure
De 1962 à 1965: Groupe Espace et Mesure : expositions en Allemagne : Francfort, Hambourg, Leverkusen, Ludwigshaffen, Kaiserlautern
1963: Musée de la Jeune sculpture, Musée Rodin, Paris
1965: Fondazione Pagani à Milan, Italie
1966: Malmö, Suède
1967: Malmö, Suède
1968: Galerie La Nouvelle Gravure, Paris
1970: Sculpture à ciel ouvert, Mâcon
1971-2016: Membre de la Jeune gravure contemporaine, participe à son salon à Paris, et aux expositions qu'elle organise en France et à l'étranger
1973: Israël, Jeune Gravure Contemporaine
1975: Musée de Dunkerque, Jeune Gravure Contemporaine
1976: Japon, Jeune Gravure Contemporaine
1976: Unesco, Paris, Jeune Gravure Contemporaine Dialogue
1976: Biennale de Villeneuve/Lot
1977: American Center, Paris Contradiction 77
1977 - 1979: Galerie Maître Albert, Paris
1970 -1980: Mostra Del Larzac
1972: Ibizagrafic, Biennale internationale d'art graphique, Espagne
1972: Musée de Toulon
1974: Ségovia 74, Biennale internationale d'art graphique, Espagne
1974: Musée de Cahors
1976: Biennale de Villeneuve/Lot
1977: Châteauroux, Jeune Gravure Contemporaine
1978 et 1979: Galerie Maître Albert, Paris
1983: Angleterre, Jeune Gravure Contemporaine
1984: Strasbourg Estampe du Rhin
1984: Galerie Biren, Paris, Jeune Gravure Contemporaine
1985: Musée de Villeneuve/Lot (Lot-et-Garonne)
1985: Monaco, Prix International d'art contemporain
1985: Galerie Genesis, Toulouse
1985: Galerie Callu-Mérite, Paris
1985: Musée de l'Estampe, Gravelines, Jeune Gravure Contemporaine
1986: Musée Ingres Les non figuratifs du Midi, Montauban
1987: Musée du Québec, Jeune Gravure Contemporaine
1988: Musée des Beaux-Arts de Libourne, Rétrospective : Constructions spatiales et géométrie, sculpture, peintures et gravures, 1950-1988
1988: Galerie Callu-Mérite, Sculptures en plexiglas
1990- 1992 : Salon de Mars, Galerie Callu-Mérite, Paris
1991: Galerie Maître Albert, Paris
1992: Choix de Libourne au Salon des Réalités Nouvelles, Musée de Libourne
1994: Musée des Beaux-Arts de Libourne, La gravure en France de 1945 à nos jours
1995; Musées de Libourne, Parti pris de Bernard Bégouin, conservateur des musées
1997: Galerie Compagnie des Arts, Cahors
2003 : Salon d’Automne, Paris, section Editions d’art
2007: Musée de Gajac, Action pensive, Villeneuve sur Lot,
2008 : Salon de la Jeune Gravure Contemporaine, Paris : Hommage à Cieslarczyk
2008 : Galerie Drouart, Paris
2015 : Musée de Gajac, Villeneuve-sur-Lot Cieslarczyk vs Redoulès,
2017 : Musée des Beaux-Arts de Rennes : Quinze ans de mécénat des Amis du Musée
2018 : Galerie Artheme, Paris

COLLECTIONS PUBLIQUES
1964: Musée Bayer, Leverkusen
1975: Musée d'art moderne de la Ville de Paris
1976: Musée de Gajac, Villeneuve/Lot
1982: Fond National d'art contemporain, Paris
1985 : Musée d’art et d’histoire, Cholet
1994: Musée des Beaux-Arts, Libourne
2014 : Musée des Beaux-Arts, Rennes

ŒUVRE MONUMENTALE
1986 : Réalisation au titre du 1% pour le groupe scolaire de Fumel (Lot-et-Garonne

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